Santé mentale des femmes en période périnatale en France en 2021 : résultats issus des enquêtes nationales ENP, ENP-DROM et Epifane. Synthèse des travaux de l’agence
En 2021, à deux mois post-partum, 16,7% (IC95% [15,7-17,7]) des femmes ayant accouché dans l’Hexagone présentaient des symptômes de dépression, 27,6% [26,5-28,8] de l’anxiété et 5,4% [4,7-6,1] des idées suicidaires. Ces manifestations psychiques étaient parfois concomitantes et finalement, deux mois après l’accouchement, la souffrance psychique concernait plus d’une femme sur trois. Le pourcentage des femmes déclarant au moins une de ces trois manifestations psychiques diminuait significativement à 6 mois post-partum avec 11,7%, 21,0% et 3,7% des femmes présentant respectivement des symptômes de dépression, de l’anxiété ou des idées suicidaires. La part de femmes avec des symptômes de dépression stagnait à 12 mois post-partum (11,9%), celle avec de l’anxiété continuait à diminuer significativement (18,0%) alors que celle avec des idées suicidaires repartait significativement à la hausse (5,0%). Il existe des disparités régionales dans l’Hexagone avec des régions présentant des prévalences de symptômes de dépression à deux mois post-partum significativement inférieures (Hauts-de-France : 14,1%, Grand Est : 13,7%, Bourgogne - Franche-Comté : 11,4%, Nouvelle-Aquitaine : 13,9%) ou supérieures (Île-de-France : 19,3%, Centre - Val de Loire : 21,7% et Provence-Alpes-Côte d’Azur : 20,5%) à la prévalence moyenne en Hexagone. De même pour l’anxiété à deux mois post-partum pour laquelle on relevait des prévalences significativement inférieures (Normandie : 21,2%, Nouvelle-Aquitaine : 24,1%) ou supérieures (Centre-Val de Loire : 33,9%, Provence-Alpes-Côte d’Azur : 32,0%) à la prévalence moyenne en Hexagone. Parmi les DROM étudiés, la Guadeloupe se distingue par une prévalence des symptômes de dépression à deux mois post-partum de 30,6%, soit près du double de celle observée dans l’Hexagone (16,7%, p<0,0001). Près des trois quarts des femmes (73,1%) qui ont accouché dans l’Hexagone et déclarant avoir eu des difficultés psychologiques pendant leur grossesse disaient ne pas avoir eu recours à des soins anténatals en santé mentale. Les femmes ayant bénéficié d’un accompagnement professionnel pendant la grossesse via des visites de sage-femme à domicile, un entretien avec un travailleur social et/ou via la participation à des séances de préparation à la naissance étaient plus susceptibles de recourir à des soins anténatals en santé mentale en cas de difficultés psychologiques ressenties pendant la grossesse. En pratique, ces résultats invitent à : i/ promouvoir et renforcer le repérage et le dépistage précoce des difficultés psychologiques périnatales (symptômes dépressifs, anxiété, idées suicidaires), en particulier chez les femmes à risque plus élevé de développer des symptômes de dépression ou de l’anxiété en post-partum, ii/ pour les femmes qui se déclarent en difficultés psychologiques pendant leur grossesse, considérer les soins anténatals en santé mentale comme aussi importants que ceux des pathologies somatiques telles que le diabète gestationnel ou l’hypertension artérielle iii/ renforcer le recours à certains dispositifs d’accompagnement des femmes enceintes ressortant dans nos travaux comme améliorant l’accès aux soins anténatals en santé mentale chez les femmes en difficultés psychologiques pendant leur grossesse.
Auteur(s) : Doncarli Alexandra, Tebeka Sarah, Regnault Nolwenn, Moulin Anne
Année de publication : 2026
Pages : 30 p.
Collection : Études et enquêtes
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