Données
Caractéristiques de cas de mésotheliome en évolution depuis 1998 (PNSM)
Sur la période 1998-2017, 5625 cas de mésothéliome recueillis et inclus dans le PNSM sur les critères anatomopathologiques et/ou cliniques.
Fortes évolutions des principales caractéristiques des cas entre 1998-2002 et 2013-2017 :
Augmentation de la proportion de femmes de 20 à 25%
Augmentation de l’âge au diagnostic de 70 à plus de 75 ans, chez les hommes et chez les femmes
Augmentation des taux bruts d’incidence de 2,1 à 3 pour 100 000 chez les hommes et de 0,5 à 0,9 pour 100 000 chez les femmes
Diminution de la proportion de cas « jeunes » de moins de 60 ans de 16% à 6%
Très fortes disparités géographiques, selon le département de résidence des cas au moment du diagnostic, sur l’ensemble de la période 1998-2017
Sexe ratio : de 1,9 à 5,1 cas masculins pour un cas féminin
Age au diagnostic : de 66 à plus de 77 ans chez les femmes et 69 à 76 ans chez les hommes
Taux bruts d’incidence : de 1,2 à 5,1 pour 100 000 chez les hommes et de 0,3 à 1,6 pour 100 000 chez les femmes
Proportion de cas jeunes : de 0 à 20% chez les hommes et 0 à 40% chez les femmes
Estimation de l’incidence nationale du mésotheliome pleural (PNSM)
Estimation de l’incidence nationale annuelle du mésothéliome pleural sur la période 2015-2016 :
801 cas masculins (taux standardisé sur l’âge de 2,46 cas pour 100 000)
302 à 311 cas féminins (taux standardisé sur l’âge de 0,89 à 0,92 cas pour 100 000)
Augmentation très forte de l’incidence chez les femmes depuis 1998 :
Doublement du nombre de cas annuel
Augmentation de plus de 50% hors effets démographiques (augmentation et vieillissement de la population)
Nette augmentation des taux bruts par âge pour les classes d’âges les plus élevées : 70 ans et plus chez les femmes et 75 ans et plus chez les hommes
Estimations des incidences régionales : une forte hétérogénéité géographique
Une survie des patients atteints de mésotheliomes pleuraux très faible
D'après le PNSM :
Une survie moyenne de 12 mois chez les hommes et de 13 mois chez les femmes
Une meilleure survie des mésothéliomes de forme épithélioïde (14 mois)
Une amélioration de la survie pour les cas diagnostiqués après 2002 (13 mois vs 11 mois) qui pourrait être due à :
une détection plus précoce avec en particulier la mise en place du suivi post-professionnel
une meilleure prise en charge thérapeutique
|
N |
Médiane |
Survie à 1 an [IC95%] |
Survie à 2 ans [IC95%] |
Survie à 5 ans [IC95%] |
|
|---|---|---|---|---|---|
|
Sexe |
|||||
|
Homme |
2512 |
12 mois |
51% [49 - 53] |
21% [19 - 23] |
4% [3 - 5] |
|
Femme |
775 |
13 mois |
52% [48 - 56] |
25% [22 - 28] |
7% [5 - 9] |
|
Période de diagnostic |
|||||
|
1998-2002 |
751 |
11 mois |
44% [40 - 48] |
18% [15 - 21] |
4% [3 - 5] |
|
2003-2007 |
2639 |
13 mois |
53% [50 - 56] |
24% [21 - 26] |
5% [4 - 6] |
|
2008-2012 |
284 |
13 mois |
53% [50 - 56] |
23% [20 - 25] |
5% [4 - 6] |
|
Histologie |
|||||
|
Mésothéliome épithélioïde (MME) |
2639 |
14 mois |
57% [55 - 59] |
26% [24 - 28] |
6% [5 - 7] |
|
Mésothéliome biphasique (MMB) |
364 |
8 mois |
35% [30 - 40] |
7% [4 - 9] |
0% [0 - 1] |
|
Mésothéliome sarcomatoïde ou desmoplastique (MMF) |
284 |
5 mois |
16% [12 - 21] |
4% [3 - 6] |
0% [0 - 1] |
Par ailleurs, les estimations réalisées à partir des données des registres des cancers métropolitains (Francim) corroborent les données du PNSM. Elles montrent :
Une survie nette standardisée à 1 an de 58 % et de 10 % à 5 ans pour les personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015 ;
Une amélioration de la survie nette standardisée à 1 an entre 1990 et 2015 ; elle est passée de 36 % en 1990 à 60 % en 2015 ;
Peu d’évolution de la survie nette standardisée à 5 ans entre 1990 et 2015 (4 % en 1990 et 10 % en 2015).
Survie nette : c’est la survie qui serait observée si la seule cause de décès possible était le cancer étudié. Elle présente donc l’intérêt de s’affranchir de l’influence des autres causes de décès. C’est le seul indicateur permettant des comparaisons internationales et temporelles.
A TÉLÉCHARGER - Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018
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Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018 - Mésothéliome pleural
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Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018 - Mésothéliome pleural
Diverses sources d’exposition à l’amiante
Selon le PNSM (étude cas-témoins menée entre 1998 et 2002), la part des mésothéliomes pleuraux attribuable à une exposition professionnelle à l’amiante atteint :
75 % à 92 % chez les hommes
Mais seulement 25 % à 58 % chez les femmes Ainsi, de nombreuses questions subsistent concernant les facteurs d’exposition, en particulier chez les femmes et les personnes atteintes d’un mésothéliome localisé hors plèvre (non couverts par le PNSM).
Une étude pilote a été menée dans le cadre de la DO mésothéliomes, entre 2013 et 2015, au sein de neuf régions françaises. Afin de cibler les sujets pour lesquels les expositions étaient jugées moins bien connues, trois sous-populations ont été sélectionnées : les hommes de moins de 50 ans et les femmes (quel que soit leur âge) atteints d'un mésothéliome de la plèvre et tous les sujets atteints d’un mésothéliome hors plèvre. Les sujets pour lesquels une exposition professionnelle à l’amiante probable ou très probable a été identifiée ont été exclus de ces analyses. Une première analyse des expositions a été publiée en 2017. Une mise à jour de ces résultats avec une analyse plus détaillée est actuellement en cours. Les premiers résultats montrent que :
L’expertise n’a pas identifié d’exposition professionnelle avérée à l’amiante pour 75% des cas enquêtés (Tableau 2). Parmi les cas sans exposition professionnelle à l’amiante avérée :
Des expositions extraprofessionnelles à l’amiante et aux laines minérales ont été respectivement retrouvées chez près de 65 % et 20 % des sujets.
Il s’agissait d’expositions : via le bricolage, para-professionnelles (liées au fait de résider avec un proche exposé professionnellement) à l’amiante et aux laines minérales, et d’expositions domestiques à l’amiante.
Une exposition aux rayonnements ionisants d’origine médicale a été identifiée chez 10 % des cas.
Pour environ la moitié des cas, au moins un site industriel ayant potentiellement émis de l’amiante a été identifié dans un rayon de 2 000 mètres d’un lieu de vie.
|
Hommes |
Femmes |
Total |
|
|---|---|---|---|
|
Exposition professionnelle non avérée |
|||
|
Non retrouvée |
7 |
54 |
61 |
|
Possible |
4 |
13 |
17 |
|
Exposition professionnelle avérée |
|||
|
Probable |
1 |
4 |
5 |
|
Très probable |
11 |
9 |
20 |
|
Total |
23 |
80 |
103 |
Un recours à l’indemnisation (maladie professionnelle et fiva) insuffisant (PNSM)
Globalement sur la période 2005-2016
Cas du Régime général de sécurité sociale (RGSS) :
58% des cas de mésothéliome relevant du RGSS ont effectué une demande de reconnaissance en maladie professionnelle
58% des patients ont adressé une demande d’indemnisation auprès du Fiva
27% n’ont fait aucune démarche
Cas Hors RGSS : seulement 43% des cas ont effectué un recours auprès du Fiva
Des disparités géographiques importantes selon le lieu de résidence des cas
Des facteurs associés au recours à l’indemnisation variables selon le recours :
DMP : âge, le statut d’ouvrier*, la vie en couple* et une exposition professionnelle à l’amiante identifiée (*seulement chez les hommes)
Fiva : âge, la vie en couple, une exposition professionnelle à l’amiante identifiée et l’appartenance au RGSS
Pas de diminution significative des demandes d’indemnisation auprès du Fiva pour mésothéliome pleural
En conclusion, un recours aux dispositifs d’indemnisation des mésothéliomes pleuraux encore insuffisant (maladie professionnelles et Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante) justifiant notamment le renforcement de l’information sur ces dispositifs et les tableaux de reconnaissance en MP :
des acteurs médicaux et paramédicaux, afin de les sensibiliser aux enjeux médicosociaux liés au mésothéliome pleural et à l’importance d’informer et guider ces patients si possible en fonction de la nature de leurs expositions.
des patients sur leurs droits à indemnisations (DMP et Fiva).
Données de la déclaration obligatoire des mésothéliomes
3 992 cas de mésothéliomes diagnostiqués entre 2012 et 2017 ont été notifiés jusqu’au 15 août 2018. Ces cas sont principalement localisés à la plèvre (90 %) ou au péritoine (8 %).
Plus de la moitié des cas ont été notifiés par un pathologiste uniquement (54 %), près d’un quart par un pathologiste et un clinicien (23 %) et près d’un quart par un clinicien uniquement (23 %).
Le taux d’exhaustivité de la DO mésothéliomes (calculé en prenant comme référence les données du Programme national de surveillance du mésothéliome pleural couvrant 21 départements) a nettement augmenté entre les périodes 20122014 et 2015-2016 (respectivement 44 % et 65 %). Il a fortement diminué en 2017 (47 %) et reste très variable selon les régions.