West nile virus

Le Virus du Nil Occidental (ou West Nile Virus) est un arbovirus principalement transmis par des moustiques pouvant parfois provoquer des atteintes neurologiques chez l’homme. C’est un virus d'oiseaux, qui peut aussi infecter l’homme et le cheval, qui sont des "hôtes accidentels". 

Nos missions

  • Élaborer et piloter la surveillance épidémiologique des infections à virus West Nile chez l’homme en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer
  • Contribuer au dispositif de surveillance et de prévention multidisciplinaire, humain, animal et entomologique
  • Informer les professionnels de santé, les collectivités locales et le grand public sur les mesures de prévention contre les moustiques

La maladie

Un arbovirus a l'épidémiologie évolutive et peu prévisible

Le Virus du Nil Occidental (en anglais : West Nile Virus) est un arbovirus du genre Orthoflavivirus (famille des flaviviridae). Il a été isolé pour la première fois en 1937 dans le district de West Nile en Ouganda, d’où son nom. Il a historiquement été responsable d’épidémies en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie occidentale et en Europe. Il est apparu en Amérique du Nord pour la première fois en 1999 et il a diffusé en quelques années à tout le territoire. Il existe plusieurs lignées de ce virus, c’est-à-dire des variantes génétiques du même virus.

En France métropolitaine, il est régulièrement détecté sur le pourtour méditerranéen.

Il s’agit d’un virus des oiseaux qui peut infecter l’homme et le cheval, qui sont des « hôtes accidentels ». Il existe plusieurs lignages de ce virus.

L’épidémiologie du virus West Nile, influencée par de nombreux facteurs notamment environnementaux, est évolutive et difficilement prévisible.

En Europe le virus a initialement été introduit par des oiseaux migrateurs venus d’Afrique. Il est actuellement installé et endémisé dans plusieurs zones d’Europe du sud et centrale. Les phénomènes d’introduction par des oiseaux migrateurs se conjuguent à l’endémisation progressive. Depuis 2010, on observe une circulation plus importante en Europe, en Russie et sur le pourtour méditerranéen. L’année 2018 a été marquée par la plus importante épidémie décrite, le nombre de cas recensés en Europe a été supérieur à la somme des 7 années précédentes. En 2019 et 2020 des cas humains ont été signalés pour la première fois en Allemagne (2019 et 2020) et aux Pays Bas (2020).

Le lignage 2 du virus, détecté pour la première fois sur un oiseau en Hongrie en 2004, diffuse peu à peu en Europe et co-existe dorénavant avec le lignage 1, qui était historiquement le seul présent en Europe.

Une zoonose transmise principalement par des moustiques

Les oiseaux sont le principal réservoir du virus West Nile mais les humains, les chevaux et d’autres espèces de vertébrés sont aussi susceptibles d’être infectés. Les humains et les chevaux sont des hôtes accidentels car le cycle de transmission se fait entre oiseaux et moustiques ornithophiles.

La transmission à l’homme du virus West Nile s’effectue principalement par la piqûre d'un moustique. Il s’agit principalement de moustiques du genre Culex, moustique commun, largement présent sur l'ensemble du territoire. Le moustique se contamine en se nourrissant sur des oiseaux infectés. Le moustique ainsi infecté pourra, à l’occasion d’une autre piqûre, transmettre le virus à un autre oiseau ou à un hôte accidentel comme l’homme ou le cheval.

L’homme et le cheval représentent des "culs-de-sac épidémiologiques" pour le Virus West Nile car la quantité de virus dans le sang (virémie) est insuffisante pour infecter le moustique lors d’une piqûre et permettre ainsi la transmission de la maladie.

Dans les zones tempérées, la transmission du virus West Nile est saisonnière, lors de la période d’activité des moustiques (de mai à fin novembre pour la France hexagonale).

Le virus peut également être transmis, plus rarement, par les produits d’origine humaine : transfusion sanguine et transplantation d’organes, de tissus ou de cellules. Des cas de transmission de la mère à l’enfant durant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement ont également été décrits.

Transmission du virus West Nile

Transmission du virus West Nile

Une maladie le plus souvent asymptomatique mais potentiellement grave

Si 80 % des personnes infectées restent asymptomatiques ou peu symptomatiques, le virus West Nile peut être à l’origine d’atteintes neurologiques (méningites, encéphalites et méningo encéphalites) qui font sa gravité. Ces formes neuro-invasives, sont plus fréquentes chez les sujets âgés et peuvent entraîner des séquelles et même être mortelles chez l’homme.

  • Chez 20% des personnes infectées se développe un syndrome pseudo-grippal (fièvre d’apparition brutale, maux de tête, douleurs articulaires et musculaires) qui peut être associée à une éruption cutanée.
  • Les formes graves de la maladie, surviennent chez moins de 1 personne infectée sur 100, majoritairement des adultes et en particulier des personnes âgées. Il s’agit de formes neuro-invasives se manifestant par une méningite, une méningo-encéphalite, une paralysie flasque ou un syndrome de Guillain Barré.
  • La période d’incubation dure classiquement de 2 à 6 jours mais peut-être de 2 à 14 jours.

Le diagnostic peut être confirmé par des analyses biologiques réalisées dans le sang, les urines et dans le liquide cérébro-spinal (LCS), obtenu par ponction lombaire :

  • Sérologie (détection d’anticorps anti West Nile virus). Les IgM sont identifiées en moyenne à partir de 3 à 8 jours après l’apparition des signes cliniques et persistent généralement 1 à 3 mois. Les IgG apparaissent 2 à 3 semaines après le début de l’infection et persistent des années. Il est nécessaire de disposer de 2 prélèvements à 2 à 3 semaines d’intervalle qui, en montrant une augmentation significative du titre des anticorps, permettront de prouver que l’infection est récente.
  • Des réactions sérologiques croisées sont observées avec d’autres flavivirus (par exemple les virus de dengue ou de Zika). Ces réactions croisées imposent de confirmer tout résultat positif par un test de neutralisation.
  • Amplification génique par RT-PCR. Le génome viral est détectable dans le sérum 2 à 18 jours après l’infection soit jusqu’à 5 jours après les premiers symptômes et parfois plus longtemps dans les urines et le sang total. Le génome viral peut également être recherché dans le LCS en cas de manifestations neurologiques.
  • Isolement viral par culture virale. Cette technique est lourde et nécessite un laboratoire de biosécurité de niveau 3. Il ne s’agit pas d’un examen de routine.

Présentation schématique des cinétiques de présences des ARN viraux (sang, LCS, urine) et des anticorps (IgM, IgG) après l'exposition selon Barzon et al. 2013 (27) et Lustig et al., 2018 (28)

Présentation schématique des cinétiques de présences des ARN viraux (sang, LCS, urine) et des anticorps (IgM, IgG) après l'exposition selon Barzon et al. 2013 (27) et Lustig et al., 2018 (28)
Source : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-06/rapport_virus_nil_occidental.pdf

Un traitement symptomatique

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le West Nile virus. La prise en charge est donc centrée sur le traitement des symptômes lorsqu’ils sont présents.

Les cas graves sont pris en charge en milieu hospitalier, en service de réanimation si besoin.

Lorsque des cas humains sont détectés, il est nécessaire de rappeler aux personnes vivant à proximité du ou des foyers de transmission les mesures de protection contre les moustiques.

Des mesures de prévention contre les moustiques

Il n’existe actuellement pas de vaccin commercialisé pour l’Homme, ni de traitement préventif contre l’infection du virus du West Nile. Pour le cheval, un vaccin équin est commercialisé.

La prévention de l’infection à virus West Nile repose sur les mesures de protection contre les piqûres de moustiques, en particulier les moustiques communs du genre Culex, dont l'activité est principalement nocturne :

  • Porter des vêtements amples, couvrants et de couleur claire ;
  • Utiliser uniquement des répulsifs cutanés disposant d’une autorisation de mise sur le marché (DEET, IR3535 ou icaridine), selon les recommandations d’usage (âge et terrains particuliers comme grossesse ou allergie) ;
  • Installer des moustiquaires (portes, fenêtres, lits, berceaux) ;
  • Création de courants d’air (ventilateurs, éventuellement climatisation).

Notez que les diffuseurs électriques d’insecticide ne sont qu’un complément, les femmes enceintes, les enfants en bas âge 3 ans ainsi que les personnes asthmatiques ne doivent pas y être exposés. De plus, les serpentins fumigènes sont déconseillés, y compris en extérieur.

Ces mesures de protection individuelle sont complétées par des mesures de prévention collective qui consistent à supprimer régulièrement les eaux stagnantes favorisant le développement des moustiques.

Plus d'informations sur les mesures de protection personnelle :

Des mesures spécifiques sont mises en place pour la sécurisation de la transfusion et des dons d’organes et tissus. Elles sont basées sur le dépistage des donneurs ou l’exclusion des donneurs à risque. Ces mesures sont prises en application des recommandations émises par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) et son groupe de travail permanent Sécurité des éléments et produits du corps humain (SECPROH).