sommaire n° 378
 
dossier « les Journées de l'inpes 2005 : partage d'expériences »

Alimentation et santé : les banques alimentaires sensibilisent leurs bénévoles

 
 

Depuis 2004, la Fédération française des banques alimentaires a formé à l'équilibre nutritionnel environ mille deux cents bénévoles d'associations partenaires. La distribution des denrées alimentaires est une opportunité pour informer sur l'intérêt d'une bonne alimentation mais les colis alimentaires sont souvent eux-mêmes peu équilibrés et les bénéficiaires ont d'autres priorités que l'aliment-santé. L'opération est néanmoins jugée positive.

     

 

 

Les banques alimentaires participent via les associations et les CCAS partenaires, à l'alimentation de familles en situation de précarité. " Pour un certain nombre de familles en difficulté, l'aide alimentaire est devenue une prestation sociale ", souligne Marie-Jo Rozières, chargée des relations avec les associations au sein de la Fédération française des banques alimentaires (FFBA). La distribution de denrées était conçue à l'origine pour répondre à l'urgence, or, actuellement, en France, la durée de l'aide alimentaire pour une famille peut aller jusqu'à quatre ou cinq ans. D'où l'opportunité de distribuer des produits satisfaisants sur le plan nutritionnel et de former les bénévoles assurant les distributions pour faire passer un message d'alimentation-santé. En 2003, dans le cadre du plan national " Alimentation et insertion " initié par les pouvoirs publics, la FFBA a donc mis en place dans huit grandes villes un programme de formation de ses bénévoles. L'idée de base est que, dans un second temps, les personnes formées deviennent à leur tour formatrices. Les formations durent deux jours et la prestation est assurée par un organisme extérieur.


Des recommandations adaptées aux personnes en difficulté

Quelle information faire passer aux personnes bénéficiaires, en l'occurrence un public en difficulté ? Les recommandations du Programme national nutrition-santé (PNNS) ont été adaptées et transformées en plusieurs préconisations :

  • donner envie de se mettre à table (plaisir et convivialité), de manger équilibré pour préserver sa santé, de boire de l'eau ;
  • donner les clefs pour être attentif à l'hygiène, pour concilier équilibre alimentaire et petit budget.

" Il n'est pas question de transmettre l'ensemble de ces préconisations lors d'une distribution de produits alimentaires, cela doit se faire de façon naturelle ; dans certains cas, l'intervenant bénévole pourra formuler une préconisation, dans d'autres aucune ", indique Marie-Jo Rozières. Il faut en effet que le récepteur soit en mesure d'entendre le message, " ce qui n'est pas facile ", ajoute-t-elle. C'est la raison pour laquelle la première préconisation (donner envie…) a consisté à travailler sur la convivialité.

La formation a permis aux bénévoles de se sensibiliser aux problèmes nutritionnels et à l'aspect qualitatif des distributions, avec pour finalité de transmettre des messages simples et ciblés. " Les intervenants font souvent de la distribution sans accompagnement. Ces formations sont fondamentales car elles permettent de faire émerger le volet santé, qui peut servir de support pour entrer en contact avec la personne accueillie ", indique-t-on à la Fédération des banques alimentaires. Actuellement, toutes les associations caritatives se préoccupent de placer davantage au cœur de leur action les personnes en difficulté pour les aider à s'en sortir. Or l'alimentation, en plus du volet santé, est un sas d'entrée pour réaliser des actions d'intégration sociale avec les personnes en difficulté.

Deux années après le lancement des premières formations, un bilan vient d'être dressé : fin 2004, mille deux cents bénévoles avaient été formés. Sur les soixante-dix-neuf banques alimentaires dénombrées sur notre territoire, quarante-neuf s'y sont investies. Ce programme s'est poursuivi en 2005 et la formation est en cours d'évaluation. Pour la FFBA, ces formations sont un " grand pas en avant " ; mais le plus difficile reste à faire : les étendre à un nombre élargi d'intervenants, en s'appuyant sur les acteurs locaux.


Difficile de distribuer des produits " équilibrés "

Enfin, pour ce qui est du type de denrées distribuées, les banques alimentaires tentent de rapprocher leur panel de produits d'une alimentation équilibrée. Les banques alimentaires se mobilisent pour améliorer la diversification des produits mais cette démarche n'est pas toujours facile car elle dépend également des quantités données gratuitement par les partenaires agro-alimentaires (beaucoup de viennoiseries, par exemple). Un effort est fait au niveau des fruits et légumes et des conserves de poissons. Si la banque alimentaire ne peut distribuer certains produits, l'association peut soit compléter, soit donner des conseils.

 

 
LA SANTÉ DE L'HOMME 378 | JUILLET/AOUT 2005 | Pages 22 et 23
Libre de droits, sous réserve de mentionner la source